dimanche 7 février 2010

Des ailes de géant

Ceci est une histoire vraie. Seuls les noms ont été changé pour ne mettre pesonne en cause.

Cette semaine, je pensais à un copain avec qui j'ai coupé les ponts. Appelons-le Grégoire ! Je pensais à lui, parce que je me demandais si je me devais de lui recontacter, histoire de savoir s'il était toujours en vie.

Greg aimait la musique comme un fou, c'est ce qui nous a lié d'amitié au début de notre amitié, mais il jouait de la guitare comme un pied, et un pied coincé qu'on a de la misère à déprendre. Greg vivait seul, parce qu'il n'a jamais su se trouver une femme pour la vie, parce que la vie était pénible pour lui, un lourd fardeau qu'il traînait parce que tout lui ratait, en fait il ratait tout.

Greg s'était enfermé dans sa bulle, parce que dans sa bulle, il se sentait à l'abri d'une société qui le jugeait. Elle le jugeait parce qu'elle le trouvait trop lent, comme un cerf-volant sans vent, lire cerveau lent. Comme il n'était pas vite sur ses patins, Greg préférait des emplois où il sentait moins de pression pressante, style je-veux-ça-pour-hier. Greg conduisait un véhicule pas lourd du tout et livrait des colis pas lourds du tout, pour se rendre un peu partout dans la ville.

Il aimait cette sensation de liberté que lui donnait le volant. Et aux lumières rouges, il pouvait se mettre à rêvasser, comme il le faisait presque tout le temps, parce que dans son livre à lui, qu'il n'a jamais publié, il était tellement bien. Tellement bien que plus rien ne comptait que ces rêveries de promeneur solitaire.

Mais revenu à la grise réalité du plancher des vaches, Greg s'emmerdait, parce que son patron détestait son attitude minimaliste presque suffisante à ses yeux. Greg ne s'intéressait en dehors de son travail banal qu'à la musique. Il avait toute une collection de collectionneur. Greg aimait rassembler des pièces détachées pour en faire un tout. Il avait toute la collection des disques des Beatles, des vidéocassettes, des bibelots, des posters, qu'il gardait soigneusement dans leurs emballages.

Il ne fallait pas les ouvrir, les toucher à peine. Ils étaient plus que précieux à ses yeux. C'était son or qu'il s'amusait à caresser comme Séraphin. C'est que Greg vivait dans ses rêves et devenait avaricieux avec les autres qui l'avaient rejeté. Toute critique ou tout commentaire adressé à son égard équivalait pour lui à un bâton de dynamite. Il ne supportait pas. Il avait donc très peu d'amis. Il avait comme camarade de travail un Témoin de Jéhovah. Appelons-le Phillipe !

Phil comprenait comment Greg se sentait parce que lui aussi était souvent jugé par les autres, et même rejeté. C'est pourquoi il consolait Greg, parce que Greg aimait Dieu, le seul qui pouvait comprendre le secret de son coeur blessé.

Et Greg eut un jour un beau projet : écrire un livre, qu'il livra en personne à plusieurs éditeurs. Greg ne faisait pas confiance aux facteurs. Comme pour le sexe, il considérait qu'on était pas mieux servi que par soi-même. Greg s'était mis à rêver qu'il était un grand écrivain dont on parlerait à pleine page dans les grands quotidiens, plus populaire que Marie Laberge.

Il voyait son nom en haut des affiches de cinéma : Ce film est tiré d'un roman de Greg Sénécal. Mettons que son nom de famille sera Sénécal. Je sais pas pourquoi ce nom m'est venu en tête. Personne avec un nom pareil oserait écrire des romans, ou peut-être des romans d'horreur. Ceci était le passage où j'essayais de vous faire sourire. La pognez-vous tu ?

Enfin, punch final, le but de mon propos : Greg s'est vu refuser partout son manuscrit sauf à Victoriaville par un éditeur de musique en feuilles. Greg s'est accroché pendant un an. Il a téléphoné, s'est rendu lui-même sur place à tous les trimestres pour strictement rien. Greg venait de me faire la démontration qu'il vivait dans ses rêves.

J'avais vu le dit manuscrit, qu'il avait dicté à sa cuisinière (une ancienne flamme avec qui il avait gardé le contact et qui lui faisait ses lunchs). La présentation laissait à désirer. Dès le départ, c'était pas fort, parce que fait sur un ordinateur 486 avec un traitement de texte Word Perfect. J'entendais l'imprimante matricielle résonner dans ma tête, quel bruit infernal !

Va pour le contenant, maintenant le contenu, l'essentiel, le coeur même de toute cette démarche, ce qui motive l'auteur. Pourquoi déranger le monde avec ça ? Je parle du livre. Pourquoi écrire ? Qu'est-ce que je vais apprendre de plus que je ne savais pas et que je devrais savoir. Qu'est-ce que ce livre va changer dans ma vie ? Rien qu'un paquet d'insignifiances.

Greg était décourageant, pathétique à voir autant qu'à lire. Greg croyait sincèrement que ce qu'il avait à offrir était important. Je me réserve le droit de ne pas vous révéler le sujet, par pudeur peut-être. Il faut bien se garder une petite gêne quand même, mais aussi par respect pour une personne que j'ai fréquenté et qui a droit que je préserve sa réputation.

Mon but n'est pas ici de le démolir, de m'en moquer, mais la lecture du blogue de Luc-Pierre dit le salaud, m'a rappelé cette tranche de ma vie. Le livre est déjà en compétition avec le cinéma et la télévision et pire encore, avec internet. Dans un tel contexte, il faut pratiquemment provoquer un délire, que dis-je un déluge, pour qu'un éditeur daigne porter attention.

Il faut une histoire qui va se vendre au cinéma comme John Grisham, Micheal Crichton ou Anne Robillard. Il faut faire une recherche mais plus encore pousser sa réflexion et pour cela, il faut avoir une certaine crédibilité. T'es qui toi pour dire ça ? N'est pas Marc Cassivi qui veut. Il faut avoir une tribune pour le faire. Lui, il écrit pour La Presse et il passe à la télévision, parce qu'il a une belle gueule, et aussi une sale gueule, mais cela fait partie des aléas de son métier.




Greg est malheureux, et son malheur est grand, car il le creuse chaque jour. Greg est comme L'albatros de Charles Baudelaire, il a de trop grandes ailes, des ailes de géant qui l'empêchent de marcher.

Le sexe zen : la sagesse de l'amour

Instructif ce livre, Le sexe zen de Coline Verrière aux Éditions Ambre (2002). Le Kama-sutra, le Tantra, le Tao et le Feng Shui sont des théories orientales dont elle s'est inspirée pour écrire cet ouvrage, qui se veut une méthode pour nous défaire de ce que l'on a appris comme Occidentaux face à la sexualité.

Je veux bien explorer l'art d'aimer. On a pas d'une vie pour tout connaître. La vie est une belle école pour apprendre. Bien sûr que j'ai déjà eu des doux moments plein d'amour. Le problème, c'est que cela n'a pas duré assez longtemps à mon goût.

D'abord, que signifie être zen ? Être zen signifie être simple, ordinaire. Être zen, c'est laisser tomber son ego.

Je vais me servir d'extraits de la chanson Comme un sage d'Harmonium pour ponctuer ce texte. «Comme un sage monte dans les nuages/Monte d'un étage/Laisse-moi voir ton visage».
Le zen supprime l'attachement à notre personnalité et nous ramène à l'état heureux d'être humain. Ne pas prendre position, c'est être zen, c'est pure santé.

«Comme si on avait tous peur de se le dire/Qu'on a du mal à naître à se regarder mourir»

Le sexe, fusion de l'âme et du corps, le Tao (Chine) et le Tantra (Inde) tentent d'accéder à ce niveau. Des sages ont développé des rituels et des exercices pratiques permettant aux amants d'atteindre la vértitable extase.

«Si je pouvais t'offrir une place qui te ressemble/Un lieu qui grandit même si parfois nos mains tremblent»

Il faut respecter son corps car il est la base. C'est un temple, le nôtre. Tout érotisme est sacré car la recherche d'une continuité de l'être est une démarche essentiellement religieuse. Ne dit-on pas, quand l'amour à deux est réussi : «Tu m'as fait monter au 7è ciel !»

«L'amour se prend un corps pour voyager/Mais quand il vient chez nous/Il a peur de déranger/Comme si on avait tous peur de se le dire/Qu'on a du mal à naître à se regarder mourir/Comme un sage monte dans les nuages/Monte d'un étage/Viens voir le paysage»

Faire l'amour, c'est célébrer la vie
La vie est un cadeau de Dieu
Aimer la vie, c'est aimer la Création
Chaque acte amoureux tend à le magnifier

«C'est fou quand on aime la mort n'a jamais existé»

L'acte sexuel zen est fondamen-
talement différent de faire l'amour pour se soulager. Sans chercher la finalité de l'éjaculation, l'homme se fond dans l'acte sans vouloir à chaque fois aboutir à libérer sa semence.

«J'voudrais pouvoir t'offrir le peu que je sais/Il y a deux importances, la première c'est toi et moi/L'autre, c'est qu'il nous reste encore un autre jour/Le matin se lève encore sur toi mon amour»

samedi 6 février 2010

Enlève ton masque ! Tu fais dur !

Le dernier billet de La Clique du plateau, que je ne fréquente plus beaucoup, m'a étonné sur le coup. J'ai été surpris de voir qu'il était capable d'avoir des arguments, parce que c'est facile de se moquer de quelqu'un pour ses tiques et ses manies, mais l'attaquer sur ses idées, c'est autre chose. Cela demande un peu plus d'intelligence. Pas sûr d'en trouver à cette adresse. Cela ressemble plus à une séance de défoulement collectif. Les p'tits tanants de l'école qui s'amusent à faire des coups et qui espèrent ne pas se faire prendre, mais qui se font toujours prendre, parce qu'ils ne sont pas bien malins.

Ceci dit, La Clique critique un article de Nathalie Pétrovski parce qu'il n'est pas d'accord avec certains passages. Il faut donc lire l'article de Nathalie, ensuite lire celui de La Clique mais vous n'êtes pas obligés d'être allé voir le film dont elle parle, parce que son point de vue concerne la mise en nomination d'une femme aux Oscars dans la catégorie réalisation, là où seulement quatre femmes se sont classées en 82 ans.

C'est là son principal argument. C'est un point de vue féministe et Dieu sait qu'il faut vivre sur une autre planète pour ne pas savoir que Nathalie Pétrovski est une grande féministe. Donc, La Clique, qui n'a jamais écrit dans un journal de toute sa vie, ni couvert aucun événement pour aucun média, s'attaque à l'argumentation de Nathalie Pétrovski, en ignorant complètement l'idée principale de son article.

Elle trouve déplorable qu'il y ait si peu de femmes qui se méritent ces prestigieuses statuettes et encore une fois, nous rappelle que les femmes jouent encore aujourd'hui, malgré bien des progrès, un rôle de second plan dans la société. Ce qui explique qu'elle ignore Point Break qui, bien qu'il ait eu un succès commercial, n'est en 28 ans de carrière qu'une bien mince compensation.

Et comble d'ironie, l'ex de la réalisatrice en question qui est lui aussi en nomination dans la même catégorie, a fait un malheur au box office en dépassant le record d'un autre de ses films, lui aussi oscarisé. Donc, c'est la guerre des sexes avec comme paravent la guerre aux Oscars, qui est l'idée générale de son texte.

Or, La Clique, malgré des efforts pour élever le niveau de son blogue, s'attaque aux idées secondaires du texte de Pétrovski. Elle se trompe quand elle parle de budgets dérisoires, mais pour deux films sur huit. Elle n'a pas toujours été dans les ligues mineures, parce qu'elle a connu un succès commercial avec Point Break qui date de 1991. C'est faible.

Et que dire des commentaires toujours aussi vils et mesquins, mais surtout remplis de fautes d'orthographe. Pas de quoi les prendre au sérieux. Bien essayé quand même La Clique. Un jour peut-être, tu vas pouvoir jouer dans la cour des grands.

L'antichambre d'Harmonium

Quand paraît l'album Transfert de Serge Locat, il est clair qu'Harmonium s'effrite. Serge Locat est plus qu'un simple claviériste. Il est un compositeur à part entière et la place qu'il veut occuper dans le groupe demande des compromis de la part de Serge Fiori. Il semble de plus en plus vouloir tout ramener à son unique personne, négligeant l'aspect fondamental d'un groupe, l'effort démocratique.

Pourtant, Locat croyait avoir sa place. Autant dans l'album Les cinq saisons et plus encore avec L'Heptade, où il compose une partie de la pièce Lumières, qu'il modifie en spectacle et qui donne un long solo où on peut constater, que Locat n'est pas qu'un simple figurant dans le groupe. Qu'à cela ne tienne, ses compositions ne rejoignent pas les visées du boss.

Il s'en remettra donc à un album solo pour récupérer ce qui aurait très bien pu faire partie d'un album d'Harmonium. Je pense au Crieur qui me fait penser un peu à son solo dans Premier ciel. Je pense au Reel à Maryse qui aurait pu ajouter une touche folklorique pas du tout étrangère à la démarche profondément nationaliste du band. Je pense à Matinale et à sa suite, un peu de Lumières dans cette pièce. C'est beau.

Quand j'écoute des extraits live de l'époque des Cinq Saisons, je vois qu'il a une bonne place sur scène. Justement, la première version de Lumières s'appelait Images faciles. Locat avait beaucoup de talent. Dommage que l'après Harmonium fut un échec commercial. Il fut rélégué à un travail dans l'ombre.

Mais c'est quelqu'un de bien sympathique. Je lui avais parlé à l'époque de la diffusion de la télésérie. Il était un peu déçu pour ne pas dire beaucoup du rôle qu'on lui a attribué. «J'en suis réduit à un simple réparateur de mellotron...» avait-il clamé visiblement choqué de ce traitement. Je lui concède, c'est frustrant être face à un fait accompli. On ne l'avait pas consulté.

J'avais oublié ce festin d'amour

J'ai vu les Séguin en spectacle au Café du quai à Magog, et c'est le meilleur show d'eux que j'ai vu. C'est que Richard et Marie-Claire Séguin vivaient dans cette région. Ils avaient beaucoup d'amis.

Je me souviens de les avoir vu à la boutique d'artisanat L'unison. Je crois que cela s'appelait ainsi. C'était dans une maison avec une architecture originale. Ils y travaillaient parce que la chanson ne pouvait pas les faire vivre, surtout qu'ils en étaient à leurs débuts. C'est devenu par la suite un resto-bar acheté par un New Yorkais qui l'a baptisé La Grosse pomme.

Quand ils s'attaquent à l'album Festin d'amour, leur dernier en tant que duo, ils ont le vent dans les voiles. L'album précédent, Récoltes de rêves, est un album solide. Ils ont réussi à tout amalgamer leurs influences poétiques et musicales. Essentiellement acoustique, le disque consolide leurs efforts pour trouver une cohésion dans tout ce qui grouille autour d'eux.

Car ils sont arrivés avant la vague Beau Dommage. Ils avaient fait partie d'un groupe qui s'appelait La nouvelle frontière et après, ils ont décidé de continuer en duo pour la multinationale Warner Brothers, qui n'a malheureusement pas porté fruit. Néanmoins, ils ont fait la connaissance d'un collaborateur précieux, Richard Grégoire.

Festin d'amour est brodé avec le même amour que pour Récoltes de rêves. Le groupe de musiciens qui les accompagne est resté sensiblement le même. Enraciné dans les traditions folkloriques et chansonnières, les Séguin se veulent eux aussi le reflet de leur génération profondément nationaliste. Pas étonnant qu'une de leurs chansons, Les enfants d'un siècle fou, ait servie de titre à un documentaire.

L'éclatement de toute une panoplie de musiciens qui suivent la vague Beau Dommage les inspire mais ce n'est pas une mode pour eux. «Il n'y a jamais eu de mouvement de retour à la terre pour Richard Séguin» me disait Gilles Valiquette qui a collaboré avec eux à l'époque de leurs deux premiers albums. «Richard a toujours été près de la nature. C'est dans lui.» ajoutait-il.

Ce n'est pas surprenant que les Séguin s'installent dans la maison de campagne de Serge Fiori pour y enregistrer leur chant du cygne. L'Heptade d'Harmonium y est aussi enregistré au cours de l'été 1976, avec l'aide d'un studio mobile. Recherche d'un environnement plus adapté à leur démarche artistique, on peut dire, mais dans le cas de Richard et Marie-Claire, c'était naturel.

Cela faisait partie d'une prise de position politique et écologique déjà établie. Festin d'amour est plus symbolique qu'autre chose. Il n'a pas eu le même succès que Récoltes de rêves, considéré comme leur meilleur cru, mais il a confirmé la valeur de ces artistes dans le courant musical de l'époque. Les Séguin ne manquent pas de profondeur. On va d'ailleurs écrire un livre sur eux, histoire de cerner davantage toute la portée sociale du message qu'il tentait d'apporter.

Festin d'amour est un disque que j'ai eu du plaisir à redécouvrir suite à la diffusion de la mini-série sur Harmonium. C'est comme si tout ce passé refaisait surface pour me signifier son rôle. J'avais oublié, comme le disait une des chansons de l'album.

Et merci à Mat ! Il fait partie de ma liste de blogues. C'est un restaurateur de vinyles qui est en voie de devenir un véritable centre de références. Il a du plaisir à se promener dans des avenues qu'il n'a pas connu. Mais c'est aussi un jeune homme branché sur l'actualité. Il y a sur son compte Youtube, des vidéos de Vincent Vallières, Fred Fortin, Trois Accords. Bref, t'es cool Mat !

jeudi 4 février 2010

L'incroyable Jaroslav Halak

Si les Canadiens ont gagné ce soir contre les Bruins de Boston, c'est grâce à leur gardien de but, Jaroslav Halak. Il a été surprenant, pour ne pas dire incroyable. Il a arrêté 45 tirs. Et c'est pas la première fois qu'il arrêtait plus de 40 tirs. C'était la septième fois que cela se produisait.

Le Tricolore s'est réveillé en deuxième période en comptant deux buts entre l'espace d'une trentaine de secondes. Ils ont égalisé la marque contre les Bruins mais ils ont été incapables de faire plus. Il a fallu se rendre en tirs de barrage. Et rendu là, c'est clair que la pression est forte sur le gardien de but.

Jaroslav Halak au niveau de sa moyenne est au même niveau que l'était José Théodore et Cristobal Huet il y a quelques années. S'il continue, il pourrait se mériter un trophée et il le mérite. S'il continue, il pourrait rejoindre les grands comme Patrick Roy et Martin Brodeur. C'est une étoile montante.

Il donne du fil à retordre à Price, qui avait sa place assurée au sein des Canadiens, mais Halak joue avec tellement de constance. Il arrête pas de donner des victoires aux Canadiens, car sans lui, pas sûr que le CH gagnait ses derniers matchs. Il compte pour beaucoup dans le succès de l'équipe.

Enfin, Gionta s'est réveillé. J'avais hâte qu'il marque celui-là.

À trop vouloir bien faire

J'en ai parlé dans un récent billet, Être dans les souliers des autres, je vais en reparler, parce que j'apprends. J'apprends à tracer des limites. Et j'ai fait une petite recherche sur les personnes toxiques (Merci Rainette!) et j'ai trouvé des éléments de réponse.

Je peux aisément tracer un parallèle entre cette personne dans l'association et celle que j'ai connu dans la coopérative d'habitation. C'est le même genre. Ces personnes finissent par vous bouffer votre énergie, et dans mon cas, j'ai toujours tendance à trop en faire.

Mais l'expérience aidant, j'ai su m'arrêter à temps cette fois. J'avais eu une idée et au lieu de m'aventurer davantage et me casser la gueule, j'ai consulté. J'ai tout de suite eu ma réponse. C'était trop, trop pour ce que le client demande comme on dit.

Pas que mes idées étaient nécessairement mauvaises, mais elles débordaient trop du cadre. Je me serais retrouvé au coeur d'une controverse, dont j'aurais eu bien du mal à gérer. C'est comme dans ma coopérative, j'en faisais trop pour ce qui était nécessaire. Et forcément, je me retrouvais bien malgré moi dans des controverses inutiles. Cela aurait plus simple de m'en tenir au cadre établi.

Justement, une des membres de cette coopérative justement avait elle aussi tendance à trop en faire. Des excès de zèle, cela peut arriver à tout le monde. Elle m'avait conté qu'une de ses amies lui avait demandé de l'aide pour faire la comptabilité d'un organisme para-gouvernemental. Elle était débordée. La madame acquiesce et de fil en aiguille, découvre le pot aux roses. C'est vague dans ma tête, mais cela ressemblait à des subventions camouflées, quelque chose du genre. Toujours est-il que les médias avaient été mis au courant. Paf ! Le drame ,que dis-je?, le scandale a éclaté au grand jour.

Pas besoin de vous dire que l'amie de cette dame a pris le bord, de même que son amitié. Est-ce que cela n'aurait pas été mieux qu'elle se mêle de ses affaires ? C'est beau dénoncer les injustices, mais quand à la petite école, tu vas bavasser à la maîtresse tout ce que tes p'tits camarades font, tu te fais pas beaucoup d'amis. En fait, tu es crains et rejeté !

Mais pour en revenir à moi, j'apprends à m'arrêter quand je me vois aller et que je prends conscience de mes excès. Je dois apprendre mes limites. Je suis content quand même de pouvoir mieux me regarder agir. Avant, c'était incroyable comment je me rendais compte de rien.

mercredi 3 février 2010

Percevoir Québec autrement

Québec est comme une «vieille dame sexy». C'est l'expression qu'a employée le maire Régis Labeaume pour décrire sa ville, lui qui s'emploie justement à lui redonner une image. Pour ce faire, il a retenu les services d'un spécialiste en marketing du nom de Clotaire Rapaille.

L'homme «rapaillé» va se pencher sur ce qui fait la particularité de Québec parce qu'on veut y attirer davantage la jeunesse. La ville a besoin de revigorer son image, ou du moins la rajeunir.

En attendant les subventions pour la construction d'un amphithéâtre multi-fonctionnel, Clotaire va fouiller les entrailles de Québec, en ressortir l'essence pour en faire une ville «essentielle», pas seulement «capitale».

Québec, cette vieille dame sexy, va devoir donner l'illusion qu'elle est encore jeune, comme sur cette image. Observez bien, vous pouvez y voir une jeune femme ou encore une vieille femme. C'est une question de perception.

mardi 2 février 2010

Techno-crasse !

La nouvelle tendance se confirme. Les gens regardent de plus en plus la télévision sur leurs ordinateurs. Radio-Canada a lancé Tou.tv, un site où on peut regarder des séries complètes et des téléromans et ça marche. On parle de 745 000 branchements en une semaine.

Cela en fait du visionnement quand on sait que les plus populaires sont les séries lourdes comme C.A, Les Parent, Trauma et même Les belles histoires des pays d'en-haut. On compte aussi dans ce palmarès 3600 secondes d'extase, un show d'humour débridé mettant en vedette Marc Labrèche.

C'est la tendance et cette tendance pourrait faire amener l'écran télé et l'écran d'ordi à se fusionner. J'avais lu il y a plus de 20 ans un livre qui expliquait les tendances technologiques de l'avenir. Il disait qu'il n'était pas loin le jour où notre écran de télévision, notre ordinateur, notre téléphone, notre système de son et notre balayeuse (non, j'exagère) allait tous être dans un même ensemble, comme un tout, un package deal.

Plus besoin de s'acheter un ordi à part du téléviseur, ni de téléphone. On va se téléphoner. On va se voir en même temps. On va s'envoyer chier en ligne et on va se réconcilier en ligne. C'est juste si on ne fera pas l'amour. Il ne manquerait plus rien que ça.

Ah les maudites machines ! On n'aura plus le droit d'être des humains, on va devenir de plus en plus contrôlé par des bidules électroniques, purs gadgets autrefois, devenus indispensables aujourd'hui. Qui peut vivre sans tout cela ? J'irais bien vivre dans le bois parfois, ou dans un monastère.

Mais bon, on arrête pas le progrès. Encore que le progrès n'est pas nécessairement signe de bonheur. La cyberdépendance, vous connaissez ?

lundi 1 février 2010

Le Tigre est de retour !

Je ne l'ai pas vu, mais tout le monde en parle. Michel Bergeron, ex-entraîneur des Nordiques, n'a pas du tout apprécié la décision de l'arbitre Ron Fournier lors du match de la télérivalité Mtl-Québec, diffusé hier soir, devant un auditoire aussi considérable que celui de Tout le monde en parle, soit 1,449,000 téléspectateurs.

Ce qui l'a choqué, c'est le controversé coup de sifflet qui ne s'est pas fait entendre à temps, c'est-à-dire juste avant que le numéro 21 de l'équipe de Québec compte un but. Ce qui disqualifiait le but et donnait une punition au numéro 21. Frustrant ! Il n'en a pas fallu davantage pour le Tigre qu'il a été autrefois derrière le banc, sorte de sa cage et rugisse.

Bon, dites-moi pas qu'il y a eu de l'action ! Je risque de regarder le prochain match, d'autant plus que Québec a perdu. Québec ne peut pas perdre cette série. Go Québec Go !

Être dans les souliers des autres

J'ai dû prendre mes distances récemment d'une association, dans laquelle j'étais un peu trop impliqué. J'ai de la misère avec la misère des autres faut croire ! C'est tout le temps pareil. Cela revient. Les autres, c'est maladif. Ils finissent par m'accaparer, parce que je m'en préoccupe trop.

Les autres, c'est exactement ce que le dépendant affectif a le plus de misère à se défaire. Moi, c'est dans ma volonté de vouloir bien faire que je ne sais pas mettre une limite. Pour cela, il me faut appliquer des principes, m'en tenir à une discipline, apprendre à départager ce qui m'appartient de ce qui ne m'appartient pas.

Et cet exercice m'a été bénéfique. J'ai réfléchi au pourquoi une personne me tombait sur les nerfs, et je n'étais pas le seul, et j'ai trouvé ma réponse. Cette personne est contrôlante. En plus, elle fait tout pour qu'on la remarque. Dans sa volonté d'appliquer le code de conduite du mouvement, elle finit par faire chier.

D'accord pour dire qu'il faut de la rigueur, mais quand cette personne cherche à voler l'énergie des autres, leur faire perdre leur contenance, bref, chercher tout le temps à avoir le dessus. Gazant ! On a envie de fuir cette personne. Impossible !

Si elle sent que vous la fuyez, elle va s'arranger pour que ce soit vous qui soyez à blâmer. D'ailleurs, cette personne n'est contente que lorsqu'elle réussit à semer de la controverse, au lieu de vivre et laisser vivre.

C'était ainsi dans la seule coopérative d'habitation où j'ai demeuré. Tout le monde le disait en secret, jamais devant elle, mais maudit qu'ils auraient été contents qu'elle quitte. Pas moyen ! Elle s'imposait et finissait par créer un malaise tolérable, parce que ces personnes ne cherchent qu'à attirer l'attention.

C'est pour moi très difficile de négocier avec ces personnes-là, parce qu'un fond de dépendance affective en moi déteste entrer en conflit avec les autres, encore moins en public. Et comme tout dépendant affectif, je n'arrive pas à m'affirmer, parce que je si devais le faire, ostie que je lui dirais à quel point il me fait chier, et je suis sûr que d'autres applaudiraient.

Vous savez, on voit ça dans les vues, quelqu'un qui se fait mettre à sa place et qui reste bouche bée. J'aimerais donc cela pouvoir le faire, mais je suis certain qu'il me le ferait payer. Ces personnes-là vous attirent dans la spirale de leurs émotions et vous risquez de vous enliser. J'aime mieux rechercher la compagnie de gens qui sont connectés sur une énergie supérieure.

Ainsi j'évolue. On a toujours le choix dans la vie.

dimanche 31 janvier 2010

Interdit de toucher à ma vache

J'interdis à quiconque et à Luc-Pierre surtout, de toucher à ma vache, une Holstein par dessus le marché, pas n'importe quoi. C'est une vache sacrée, celle de la célèbre pochette d'un album de Pink Floyd, Atom Heart Mother. C'est que ce petit, quand il pique une colère, a tendance à cogner des vaches. Ainsi, il est sûr de pas se faire poursuivre pour voies de fait.

Alors un conseil : Écartez les vaches de son chemin, surtout quand il est en colère. Heureusement, en ville il a moins de chances d'en rencontrer. Quoiqu'il y a des vaches sur l'île de Montréal, je ne vous dirai pas où.

Et quelle belle occasion m'est offerte (Merci Luc-Pierre !) de parler de cet album de Pink Floyd, dont la pochette est plus connue que le contenu de l'album. C'est qu'elle a inspiré le graphisme d'un documentaire intitulé Food inc, dont j'ai parlé récemment sur ce blogue. Quand l'album a été refait en cd, on avait collé à l'endos le code barre sur la vache. Je me souviens d'avoir trouvé ça bizarre à l'époque, mais aujourd'hui je comprends mieux.

Atom Heart Mother voulait défaire l'image psychédélique du groupe, en faisant affaire avec la boîte de graphistes Hipgnosis, qui a signé plusieurs pochettes de disques rock, une véritable institution dans le domaine. Musicalement, le groupe s'accompagnait d'un orchestre symphonique, des cuivres surtout.

Moralement, bien que physiquement aussi, c'est un album que tout le monde a écouté complètement g'lé. Certains tous nus en faisant du macramé, mais ça c'est une autre histoire dans le genre retour à la terre, que je conterai une autre fois.

Et j'ai déniché ce vidéo d'un groupe d'étudiants au Conservatoire de Paris qui reprend la pièce d'ouverture de l'album, entièrement instrumentale. Je vous avertis, le vidéo dure 35 minutes. Il y en a des moins longs sur Youtube. Moi, je voulais faire changement. Quand j'aurai le temps, je ferai un montage avec diaporama.

Et tiens, petit commentaire salaud : Pink Floyd, c'est pas de la musak de yo avec le pantalon qui pend au califourchon et qui n'est pas capable d'écrire correctement le français. lol dsl ak tk

Mais ce n'est pas le cas de Luc-Pierre, il sait écrire, lui. Il fait un effort pour surveiller son vocabulaire comme le soulignait Rainette. Il est cultivé... mais quel caractère !!!

samedi 30 janvier 2010

Noune 101

Faire l'amour à une femme est le titre d'un ouvrage publié aux Éditions Québécor dans la collection Sexualité. L'auteur s'appelle James L. Santini. Que sait-on de l'auteur ? Rien. Et à quoi se résume sa pensée, voici : «La plupart des hommes croient que faire l'amour à une femme est un véritable jeu d'enfant, et qu'ils savent tout de l'érotisme au féminin de manière innée.

Pourtant, ils sont souvent bien loin de la vérité et ce sont les femmes qui sont les grandes perdantes, condamnées à rêver au prince charmant... pendant que Monsieur, satisfait, ronfle déjà ! Oui, la sensualité est un art! Et bien faire l'amour à une femme, c'est connaître les caresses secrètes qui la rendent folle de désir, c'est savoir faire vibrer son corps au même rythme que le sien pour l'amener au sommet de l'extase érotique.

La prétendue froideur des femmes, leur « lenteur » n'est qu'un mythe, car leur potentiel sexuel est quasi illimité lorsque l'homme sait éveiller sa compagne et cesse de ne penser qu'à lui. Ce livre, qui est un véritable manuel du parfait séducteur, plaira aussi aux femmes qui veulent obtenir de leur partenaire ce qu'elles ont toujours rêvé d'avoir: non pas le « sexe », mais la sensualité.»

Ce livre s'est vendu à 100,000 exemplaires, 100,000 plaintes dirait Luc-Pierre dit Le salaud, parce c'est un as. Il a pas besoin. Il a tout compris depuis longtemps. Quoique je lui conseille de pratiquer le trip à trois (une fille, deux gars) c'est la préférence féminine la plus populaire après le cunnilingus. Et mieux que l'alcool, la musique est le meilleur stimulant sexuel pour la femme. Heureusement que Luc-Pierre possède un large vocabulaire, parce que les mots cochons n'excitent qu'une femme sur deux, selon un sondage réalisé dans un magazine américain.

Mais mis à part ces quelques rares exceptions, j'avoue que c'est un livre qui vaut la peine d'être lu par la gent masculine et même féminine. Personnellement, je trouve que c'est un bon livre de chevet pour un jeune marié, un must pour les cours de préparation au mariage, un bon cours d'éducation sexuelle aux ados comme mon fils Xavier. Il ne peut pas tout savoir à 17 ans quand même. Il peut croire qu'il sait tout comme dans un film français que j'avais vu, P'tit con que ça s'appelait.

Le film commençait avec le personnage principal qui écrivait son journal intime : «J'ai 18 ans et qu'ai-je fait de ma vie ?» Pfff ! Et quand il rencontre une jeune femme et qu'il fait l'amour pour la première fois, on l'entend se dire à lui-même : «Il faut que je trouve ses zones érogènes...» Pff ! Et quand il finit par prendre de l'assurance, elle lui lance sur un ton sec : «Hé oh ! C'est un clitoris, pas un bouton de flipper!»

Pat Duval :«J'incarne un rêve!»

Mon fils incarne un rêve, je l'ai ri mais j'ai pas de peine à le croire. Et j'irais jusqu'à dire que sur une île déserte, il se débrouillerait très bien, mieux en tout cas que son rival Luc-Pierre, qui n'est même pas foutu de garder un emploi dans un club vidéo porno, et qui en plus, est ejected du club Québécor. Oh ! Ça part mal une carrière d'écrivain...

Moi, mon fils, je dis qu'il est débrouillard sans me vanter, vous l'avez vu à l'oeuvre. Il a réussi à trouver 75 000 $ en très peu de temps, pour se sortir de la faillite. Et quel style littéraire, les éditeurs vont en raffoler : plein de trouvailles humoristiques et romanesques. Je vous dis, cela va faire un malheur.

Parlant d'île déserte, cela me fait penser à un film que j'ai vu. Un bateau de riches s'échouait sur une île déserte dans l'océan Pacifique, genre Blue Lagoon. Il y avait un serviteur avec eux qui lui, n'a pas perdu de temps et a su se faire un feu et trouver de la nourriture, pendant qu'eux tentaient désespérément de trouver une solution, en s'embourbant dans de vaines discussions.

Et le serviteur se débrouillait tellement bien, qu'au bout d'un certain temps, c'est lui qui est devenu le maître de l'île et ses patrons, les valets. Tout ça pour dire que mon fils a l'air de rien comme ça, mais il pourrait vous impressionner. Car même seul sur une île déserte, il trouvait moyen de faire l'amour. Comme dans Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier, une variante de Robinson Crusoé de Daniel Defoe, le personnage principal fait l'amour à une sorte de fleurs, le nom de la fleur m'échappe, mais je suis sûr que sans le nom, mon fils les reconnaîtrait.

Et ce qu'il m'a fait rire quand il a répondu : «J'incarne un rêve!» Boy ! Elvis incarnait un rêve. Beau comme un dieu, riche comme Crésus, charmant, talentueux, un ange quoi ! Mais tout cela n'est qu'une image. À bien y penser, incarner un rêve, c'est pas nécessairement correspondre à cette image.